[parislinguists] conf Lahrouchi/Wauquier

Lea Nash leanash at WANADOO.FR
Mon Feb 28 21:59:49 UTC 2005


L'UMR 7023 (SFL)
a le plaisir d'annoncer deux exposés

Date : lundi 07 mars 2005
Lieu : locaux SFL, 15 rue Catulienne, 93 Saint-Denis, salle 205
Heure : 10:00-11:30 (ML)/11:30-13:00 (SWG)
Métro : Basilique de Saint-Denis
RER : Saint-Denis


10-11:30
Un principe de morphologie gabaritique
Mohamed Lahrouchi
CNRS-UMR 7023

11:30-13:00
Problèmes d'acquisition phonologique en français
Sophie Wauquier-Gravelines
Université de Nantes



RESUME (Mohamed Lahrouchi)

On oppose habituellement la morphologie des langues sémitiques (et par 
extension les langues afroasiatiques) à celle des langues 
indo-européennes, la première se distinguant de la seconde par son 
caractère non-concaténatif. Dans un processus morphologique 
concaténatif, les morphèmes et les lexèmes sont placés séquentiellement 
pour former une unité lexicale (ex. anglais : writ - er). A l’inverse, 
dans un processus non-concaténatif, c’est la structure interne du mot 
qui est modifiée (ex. arabe classique : katab-a vs. kattab-a (vb) ; 
kaatib vs. kitaab (nm)).
	Inspiré des développements de la phonologie autosegmentale (Leben 
1973, Goldsmith 1976), McCarthy propose, à la fin des années 1970, un 
modèle théorique dans lequel les unités morphémiques (racine, gabarit, 
mélodie vocalique) sont placés sur des paliers différents. En outre, il 
est proposé que le lexique fournisse racines et gabarits (d’où 
Root-and-Pattern Morphology). La mise en présence de ces deux 
ingrédients donne lieu à une multitude d’opérations morphologiques 
internes au radical. Le gabarit -une suite ordonnée de positions C et V- 
acquiert dès lors le statut de morphème à part entière. Par la suite, 
différents modèles morphologiques ont été élaborés dans le soucis de 
définir la nature exacte des composantes internes à la formation des 
mots. Parmi ces modèles on peut citer Prosodic Morphology (McCarthy & 
Prince1986 ?1990, 1995), Word or Stem-based Morphology (Ratcliffe1988), 
Fixed Prosody (Ussishkin 2000).
Dans cet exposé, il sera question de la morphologie dite 
« gabaritique ». Le gabarit y est présenté comme une suite finie et 
invariable d’unités CV (cf. modèle syllabique CVCV Lowenstamm 1996) 
pouvant contenir des sites vides siège d’opérations morphologiques 
particulières. Un des principes de ce modèle sera exploré à la lumière 
des faits de l’arabe classique (Guerssel & Lowenstamm 1993) et du 
berbère (Bendjaballah 2001, Idrissi 2000, Louali & Philippson 2003). Des 
opérations morphologiques internes au radical (stem) seront examinées: 
gémination et allongement vocalique au thème de l’imperfectif (berbère : 
tachelhit, Tamashek, Kabyle), idiosyncrasie et opposition verbes 
réguliers vs. irréguliers, formation des pluriels internes…etc. Des 
faits similaires seront cités dans d’autres langues afroasiatiques 
(somali (Barillot 2002), akkadien (Ségéral 2000), haoussa).

Références de Base :
Barillot, X. 2002. Morphophonologie gabaritique et information 
consonantique en somali et dans les langues est-couchitiques. Thèse de 
Doctorat, Université Paris 7.
Bendjaballah, S. 2001. The « Negative Preterit » in Kabyle Berber. Folia 
Linguistica XXXIV/3-4 :185-220.
Guerssel, M. & Lowenstamm, J. 1993. The Derivational Morphology of the 
Classical Arabic Verbal System. ms. UQAM & Université Paris 7.
Idrissi, A., 2000. On Berber plurals. In J. Lecarme, J. Lowenstamm & U. 
Shlonsky (Eds.), Research in Afroasiatic Grammar, Benjamins, Amsterdam.
Kihm, A. 2003. Les pluriels internes de l’arabe : système et 
conséquences pour l’architecture de la grammaire. Recherches 
Linguistiques de Vincennes, n° 32 : 109-156.
Lowenstamm, J., 1996.  CV as the only syllable type. In. J. Durand & B. 
Laks (Eds.), Current Trends in Phonology : Models and Methods:  419-441. 
CNRS, ESRI, Paris X.
McCarthy, J. and A. Prince (1986) Prosodic Morphology, ms. Univ. of 
Massachusetts and Brandeis Univ.
McCarthy, J., 1979. Formal problems in Semitic phonology and morphology. 
PhD dissertation, MIT, distributed by Indiana University Linguistics 
Club, Garland Press. New York.
Ratcliffe, R. 1988. The “broken” plural problem in Arabic and 
comparative Semitic: allomorphy and analogy in non-concatenative 
morphology. Amsterdam/Philadelphia: Benjamins.
Ségéral, Ph. 2000. Théorie de l’apophonie et organisation des schèmes en 
sémitique. Research in Afroasiatic Grammar, edited by Jacqueline 
Lecarme, Jean Lowenstamm & Ur Shlonsky, 263-299. Amsterdam & 
Philadelphia: Benjami
Ussishkin, Adam. 2000. The Emergence of Fixed Prosody. Ph.D. 
dissertation, University of California, Santa Cruz.

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RESUME (Sophie Wauquier-Gravelines)

Une  grande part de la littérature rendant compte de l'acquisition 
phonologique tant en perception qu'en production concerne la question de 
la taille et de la nature de la toute première unité réellement 
phonologique  traitée et produite par les enfants.

Différentes propositions ont été faites
1)	 La syllabe 
2)	 « entire lexical unit » ou «whole-word»
3)	Unité(s) prosodique (s) supérieure(s) au « mot » 

En production, si la syllabe joue un rôle central dans l’émergence du 
babillage (Mc Neilage & Davis, 1993) et dans la transition 
babillage-langage, il apparaît que les unité(s) qui sont impliquées dans 
l'émergence des généralisations phonologiques sont plus larges. Beaucoup 
d’arguments plaident en faveur d'une « whole-word hypothesis » 
(Francescato, 1968, Ferguson & Farwell 1975, Menn, 1978, 1983, Menn & 
Matthei, 1992, Macken 1979, Vihman, 1996, 2001) selon laquelle la mise 
en place précoce des généralisations phonologiques ne progresserait pas 
à partir d’une unité articulatoire ou perceptive infra lexicale comme la 
syllabe mais commencerait sur le mot lui-même.
En ce que l’unité « mot » matérialise la relation signifiant / 
signifié / référent  (Wauquier-Gravelines,en préparation), elle permet 
l'émergence de la distinctivité des catégories phonologiques et les rend 
opératoires au sein du système que l'enfant est en train d'acquérir.
Je proposerai donc que l'acquisition phonologique proprement dite ne 
soit pleinement observable qu'en production et associée à l'acquisition  
et à la productivité lexicale, à partir du stade dit "des 50 mots", sur 
la base d'un gabarit autosegmental. Je présenterai les différents 
phénomèmes du français : acquisition de la syllabe et learning paths, 
reduplication, troncation, acquisition de la liaison, acquisition des 
déterminants, qui soutiennent cette hypothèse.
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