cnférence de Y. C. Morin au séminaire de l'UMR 7023 le 22/01

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Thu Jan 11 13:18:29 UTC 2007


L'UMR 7023 a le plaisir de vous convier, dans le cadre des séances de son
séminaire,

le lundi 22 janvier
10h00-12h00, Université Paris VIII, 2, rue de la liberté, 93200 Saint-Denis
(métro Saint-Denis Université, ligne 13), bâtiment D, salle D 143,

à une conférence d'Yves Charles Morin (Université de Montréal),
intitulée

"Ecrire en langue poétique"

Résumé :
La problématique générale portera sur la réinterprétation et la transmission
des formes poétiques quand des changements phonétiques suffisamment importants
se sont produits dans la langue qui ne permettent plus aux nouvelles génération
de respecter la structure formelle des oeuvres classiques s'ils interprétaient
ces oeuvres avec le phonétisme de la langue ordinaire.

Je rappellerai brièvement le cas du chva ornemental, que j'ai analysé dans
les < Hommages  à Benoît de Cornulier > comme une sorte de clitique (un mot
syntaxiquement indépendant) disponible pour satisfaire le schéma métrique
de vers (et plus ou moins contraint par une certaine norme orthographique
consensuelle, selon le degré d'instruction du poète et de l'audience à laquelle
il destine sa création), ainsi que celui du chva thématique du futur-conditionnel,
qui appartient aussi à la langue ordinaire.

Cela me permettra d'établir que le poète utilise une langue distincte de
sa langue ordinaire et de celle de son auditoire - celui-ci s'attendant justement
à cela. Cette langue de la poésie est en partie apprise indépendamment de
la langue ordinaire, en partie dérivable de celle-ci par des règles.
Ceci est trivial pour la syntaxe, et cela fait longtemps qu'on sait que la
syntaxe de la poésie n'est pas celle de la langue ordinaire. Le chva ornemental
présente un autre cas de figure, puisqu'il s'agit d'un mot spécifique à ce
langage, vide de sens et purement métrique.

J'examinerai deux autres cas qui font intervenir une adaptation  phonologique
des mots de la langue ordinaire au moyen d'une épenthèse à l'intérieur de
groupes consonantiques pour le premier et d'une division des voyelles longues
en deux pour le second.

J'examinerai le statut du e sourd en poésie dans des mots comme promener
qui se prononcent < prom'ner > dans la langue ordinaire. Pour cela j'analyserai
un procédé très répandu dans Le < Mystère du siège d'Orléans >, ms. du début
du XVIe siècle et texte probablement écrit au milieu du XVe. On voit que
pour le poète, on passe (grosso modo) de la langue ordinaire à la langue
poétique en ajoutant un < e > sourd dans certaines suites particulières de
deux consonnes de la langue ordinaire, que ce < e > sourd soit étymologique
ou non. Par exemple, l'interprète qui lit les mots < journée >, < majesté
>, < espoir >, < octobre > dans son texte doit les prononcer ainsi: < jour[e]née
>, < majes[e]té >, < es[e]poir >, < oc[e]tobre >.

J'examinerai de la même manière comment on restituait aux suites vocaliques
< aa > et < eé > qui était devenues des voyelles longues dans des mots comme
< aage > ou < (il) chasteé > une prononciation dissyllabique dans le vers,
qui s'étend à des mots comme < pescher >, utilisés dans le vers comme un
trisyllabes < pëescher >, ou encore < chasteé > prononcé < chaaté >.

Je conclurai sur l'importance qu'il y a à bien connaître cette langue de
la poésie qui cache à l'historien les indices qui permettent de retrouver
à quel moment un changement phonétique s'est accompli dans la langue ordinaire.
J'examinerai en particulier les fondements empiriques plus que problématiques
de modèles théoriques sur le chva dans la langue et des thèses récentes sur
les contraintes structurales pour le développement des voyelles longues dans
les langues (de Chene & Anderson 1979; Gess 1998).

Inversement, je montrerai comment les stratégies utilisées dans < Le Mystère
du siège d'Orléans >, permettent de mieux comprendre le statut des suites
de consonnes à cette époque, et comment elles infirment une thèse très fréquente
qui voudrait que toutes les consonnes en coda s'étaient amuïes pendant la
période de l'ancien et du moyen français, et qu'elles auraient été restaurées
sous l'influence du discours des grammairiens du XVIe siècle.

De Chene, Brent Eugene et Stephen R. Anderson. 1979. Compensatory lengthening.
Language 55.505-535.

Gess, Randall. 1998. Compensatory lengthening and structure preservation
revisited. Phonology 15.353-366.


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