37.482, Confs: Les Langues «Autres» Pour Enseigner Le Français: Un Détour Salutaire? (France)

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Wed Feb 4 12:05:02 UTC 2026


LINGUIST List: Vol-37-482. Wed Feb 04 2026. ISSN: 1069 - 4875.

Subject: 37.482, Confs: Les Langues «Autres» Pour Enseigner Le Français: Un Détour Salutaire? (France)

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Editor for this issue: Valeriia Vyshnevetska <valeriia at linguistlist.org>

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Date: 02-Feb-2026
From: Inès Sfar [ines.sfar at sorbonne-universite.fr]
Subject: Les Langues «Autres» Pour Enseigner Le Français: Un Détour Salutaire?


Les Langues «Autres» Pour Enseigner Le Français: Un Détour Salutaire?

Date: 19-Oct-2026 - 20-Oct-2026
Location: Paris, France
Contact: Inès Sfar
Contact Email: ines.sfar at sorbonne-universite.fr
Meeting URL: https://languesautres26.sciencesconf.org/

Linguistic Field(s): Applied Linguistics; Discipline of Linguistics;
Language Acquisition
Subject Language(s): French (fra)

Submission Deadline: 30-Apr-2026

Le ministère de l’Éducation nationale affirme à propos de
l’enseignement des langues et cultures de l’Antiquité dans le Bulletin
officiel de l’Éducation nationale (BOEN) n°11 du 17 mars 2016 : «
L’approche des systèmes linguistiques du latin et du grec, par leur
différence avec le français, renouvelle le regard sur la langue
française et en consolide la connaissance ». En parallèle, le BOEN n°
31 du 30 juillet 2020 portant sur les objectifs pour le cycle 4
souligne que « tant sur le plan culturel que sur le plan linguistique,
le professeur de français veille tout particulièrement à ménager des
rapprochements avec les langues et cultures de l’Antiquité ». De même,
pour l’enseignement des langues vivantes régionales à parité horaire
avec le français, il est précisé, dès le BOEN n° 33 du 13 septembre
2001, que ce bilinguisme « conforte l’apprentissage du français et
prépare les élèves à l’apprentissage d’autres langues ». Le BOEN n°47
du 16 décembre 2021 réaffirme cette finalité : « Dans toutes les
formes qu’elle prend, l’étude d’une langue vivante régionale amène les
élèves à opérer des rapprochements avec la langue française et
participe ainsi à une meilleure maîtrise de celle-ci ». L’Éducation
nationale esquisse donc clairement le projet de passer par le détour
des langues autres pour enseigner le français. Cependant, il s’agit là
d’une proposition très générale, dont le contenu précis et les
modalités de mise en œuvre demeurent à explorer, même si quelques
expérimentations ont déjà été répertoriées pour le latin et le grec
(Cadet et al. 2022 ; Van Gysel 2023).
De même, cette démarche d’orientation comparative est reconnue comme
didactiquement fondée et utilisée pour l’apprentissage du français
langue seconde (Cuq 1991) ou français langue de scolarisation (Vigner
1992) par les apprenants allophones des classes d’UPE2A. Ainsi les
séquences de cours enregistrées dans le cadre du projet « Comparons
nos langues »  mené par Auger (Université de Montpellier)
prennent-elles une valeur d’exemplarité : elles constituent la
démonstration pédagogique qu’il est possible d’utiliser une autre
langue, en l’occurrence la ou les langues premières des apprenants
allophones, pour mieux faire percevoir les fonctionnements
grammaticaux du français (voir aussi Auger & Guiraud-Robert 2024).
De fait, cette approche, qui reprend la démarche contrastive initiée
par les travaux fondateurs de Lado (1957) sur la valeur de la
comparaison linguistique, est également bien connue dans
l’enseignement-apprentissage du français langue étrangère. On pourra
ainsi se référer au numéro spécial de L’Information grammaticale
dirigé par Beacco & Fouillet en 2023, mais aussi aux recherches du
GreC  sur l’élaboration de descriptions « sur mesure » ne figurant pas
dans les grammaires scolaires ordinaires, et tout aussi récemment aux
contributions de Kakoyianni-Doa, Loizidou & Monville-Burston, 2023, ou
encore à la collection d’ouvrages de grammaire contrastive en français
langue étrangère dirigée par Beacco chez CLE International.
De même dans d’autres systèmes éducatifs. En Suisse, par exemple, le
Plan d’études romand comporte un domaine Langues regroupant français,
allemand, anglais et latin, qui a pour finalité de favoriser la
maîtrise du français (règles de fonctionnement et capacités à
communiquer) ainsi que le développement de compétences de
communication dans au moins deux langues étrangères. Au Luxembourg,
également, l’enseignement du français comme langue « autre » s’opère
dans un contexte plurilingue particulier, avec l’allemand et le
luxembourgeois, et l’inclusion d’autres langues liées aux migrations
récentes (Lentz & Raus 2024). Une telle conception d’un domaine
Langues vise à contribuer à la constitution d’un répertoire langagier
plurilingue, dans lequel toutes les compétences linguistiques (L1, L2,
L3, mais aussi celles d’autres langues, les langues d’origine des
élèves bi- ou trilingues, en particulier) trouvent leur place,
impliquant ainsi une réflexion sur les langues qui permet à l’élève de
mieux comprendre le fonctionnement des langues étudiées. La
réalisation de ces programmes a donné lieu à la création de nombreuses
activités contrastives pour l’enseignement du français langue de
scolarisation, qui en illustrent l’utilité pour l’appropriation des
connaissances grammaticales.
L’approche contrastive ou le détour par les langues autres dans
l’enseignement-apprentissage du français en France demeure cependant
quasiment entièrement à explorer pour ce qui est du français langue
première (Chiss & David 2018). Or cette approche apparaît d’autant
plus pertinente que le répertoire linguistique des apprenants est
souvent effectivement riche d’autres langues que le français. C’est en
particulier le cas des apprenants des territoires ultramarins où le
plurilinguisme actif est de règle : les monolingues en langue
française sont minoritaires, car une majorité de Martiniquais, de
Guadeloupéens et de Réunionnais emploient le créole . Mais cette
réalité plurilingue concerne également la France métropolitaine. Ces
langues « autres » sont tout d’abord celles de la famille, apportées
par l’expatriation et la migration : l’arabe dialectal, le berbère, le
mandarin, le turc, etc. Ce sont aussi les langues étrangères,
l’anglais au premier chef (David & Falempin 2010), mais également
l’espagnol, l’allemand, l’italien, le portugais, etc., toutes langues
secondes ou tierces enseignées dans le système éducatif.
De fait, quasiment tout locuteur dispose d’un répertoire linguistique
complexe et évolutif, constitué de langues acquises selon des
modalités différentes, utilisées de manière souple et maîtrisées à des
degrés divers. Le projet d’éducation plurilingue conçu entre autres
par le Conseil de l’Europe est de développer ce répertoire et, en
particulier, de créer des transversalités pour « promouvoir un
enseignement des langues les faisant interagir entre elles », selon
l’une des formulations du Conseil de l’Europe (2022, p. 7). Un des
moyens de réaliser cette éducation plurilingue est de mettre les
connaissances (méta)linguistiques et (méta)communicatives acquises
pour une langue au service de l’appropriation d’une ou de plusieurs
autres langues.
Le présent colloque se propose d’explorer les potentialités
pédagogiques de ce recours à la multiperspectivité que permet la
comparaison avec les langues « autres » pour enseigner le français, y
compris en primaire et au collège. Cette approche de nature
contrastive ou complémentaire peut-elle effectivement aider les
apprenants à percevoir la nature des caractéristiques du français ?
Cette mise en regard avec d’autres langues peut-elle réellement
susciter une profondeur réflexive les aidant à mieux saisir la
spécificité de son fonctionnement ? Le cas échéant, quelles
composantes de la langue française et des autres langues peuvent être
concernées (leur grammaire mais aussi leur vocabulaire, leur
phonétisme, leurs dimensions pragmatiques...) ? À quelle étape du
processus d’apprentissage cette comparaison peut-elle être opérée
(depuis les premières classes du primaire, jusqu’à l’université) ? Et
selon quelles modalités ? Quelles procédures épi- ou métalinguistiques
peuvent être explorées, et quelles démarches didactiques proposées ?
Quelles composantes des langues « autres » peuvent être sollicitées,
notamment dans les champs de l’oralité et/ou de la littératie ?
Comment prolonger ces comparaisons avec les variantes de français «
autres » circulant dans des contextes plus spontanés, moins
normalisés, et présentant des formes socio-culturellement contrastées?
L’accent sera mis sur l’enseignement du français auprès d’un public
déjà francophone, et dans une moindre mesure sur l’enseignement du
français langue seconde ou langue de scolarisation dans les classes
d’UPE2A, déjà largement exploré dans cette perspective. Le colloque
s’adresse aux universitaires mais aussi aux enseignants en exercice
désireux d’explorer ces questions sous un angle théorique ou
empirique.
Axes:
Les propositions de communication porteront sur des théorisations
linguistiques et didactiques, des recherches ou des recherches-action,
des expérimentations et des pratiques à tous les niveaux (primaire,
secondaire et universitaire) et leurs effets – escomptés et effectifs
– relatifs aux domaines suivants :
Axe 1 Le recours aux langues vivantes régionales, aux langues de
l’Antiquité et aux langues étrangères enseignées dans le système
éducatif pour les apprentissages relatifs à l’enseignement du
français.
Axe 2 Le recours aux langues personnelles (non nécessairement
enseignées dans le système éducatif) pour toutes les composantes du
français en France métropolitaine, et tout particulièrement dans les
territoires ultramarins.
Axe 3 Les formes possibles de la mise en relation de la description du
français avec celles des langues « autres », par exemple dans le
discours des grammaires scolaires du français et dans celui des
grammaires de référence.
Indications bibliographiques:
Auger, N. & Guiraud-Robert, F. (2024). Accueillir les élèves
nouvellement arrivés. Faire réussir les élèves allophones à l’école
(cycles 2, 3 et UPE2A). Paris : E.S.F. « Sciences humaines ».
Beacco, J.-C. & Fouillet, R. (dir.) (2023). « Perspectives néo
comparatistes/contrastives dans l’enseignement du français aux
allophones ». L’information grammaticale, 177. Peeters Online Journal.
Cadet, L., Aifi, N., Chischportich, J., Corny, L., Fenoglio, P. &
Masson, F. (2022). « Plurilinguisme des élèves en classe ordinaire
dans le premier degré : que trouve-t-on dans la « boîte à outils » des
enseignants ? » Repères, 165, 21-38.
Chiss, J.-L. & David, J. (2018). Didactique du français. Enjeux
disciplinaires et étude de la langue. Paris : Armand Colin, coll. « U
».
Cuq, J.-P. (1991). Le Français Langue Seconde. Origines d’une notion
et implications didactiques. Paris : Hachette.
David, J. & Falempin, S. (2010). « Étudier les langues : comparer les
systèmes de l’anglais et du français ». In C. Corblin & J. Sauvage
(dir.). L’enseignement des langues vivantes étrangères à l’école.
Impact sur le développement de la langue maternelle, 197-229. Paris :
L’Harmattan, coll. « Enfance & langages ».
Kakoyianni-Doa, F., Loizidou, D., & Monville-Burston, M. (2023). «
Complétives en que, complétives réduites à l’infinitif ». In
Kakoyianni-Doa F. & Stratilaki S. (dir.). Discours et représentations
grammaticales du français langue étrangère dans les pratiques
pédagogiques et les ouvrages didactiques, 101-123. Berne : Peter Lang.
Lado, R. (1957). Linguistics across Cultures : Applied Linguistics and
Language Teachers. Ann Arbor : University of Michigan Press.
Lentz, C. & Raus, T. (dir.) (2024). Libre cours. Perspectives
didactiques dans l’enseignement du français au Luxembourg. Luxembourg
: Melusina Press, coll. « Current Trends in Luxembourg Studies – 4 ».
Van Gysel, B. (2023). « L’apprentissage des langues étrangères, une
ressource pour l’enseignement de la grammaire en langue maternelle ».
Communication présentée lors du colloque Quelles ressources
linguistiques pour l’enseignement/apprentissage du français et des
langues ? Transposition, médiation, contextualisation, appropriation,
5-6 octobre 2023 (GreC-Université de Lille), disponible sur
https://univ-smb.hal.science/hal-05315602v1/document.
Vigner, G. (1992). Le français langue de scolarisation. Études de
linguistique appliquée, 88, 39-54.
Consignes de soumission & calendrier:
Les propositions de communication sont à envoyer à l’adresse suivante
https://languesautres26.sciencesconf.org/ avant le 30 avril 2026 sous
la forme d’un fichier anonyme de 2500 signes maximum (espaces
comprises). Elles comporteront le titre de la communication, le résumé
et une bibliographie indicative.
Comité scientifique:
Jean-Claude Beacco (GreC, MÉTHODAL)
Béatrice Blin (Université nationale autonome de México, GreC MÉTHODAL)
Anouch Bourmayan (Sorbonne Université, STIH)
Marc Chalier (Sorbonne Université, STIH)
Jean-Louis Chiss (Université Sorbonne nouvelle, DILTEC)
Danielle Coltier (Université du Mans, CREM)
Jacques David (CY Cergy Paris Université, Héritages)
Pascale Delormas (Sorbonne Université, STIH)
Fryni Doa (Université de Chypre, GreC MÉTHODAL)
Marco Fasciolo (Sorbonne Université, STIH)
Raphaële Fouillet (Université Savoie-Mont Blanc, LLSETI, GreC
MÉTHODAL)
Antoine Gautier (Sorbonne Université, STIH)
Emmanuelle Guerin (Université Sorbonne nouvelle, DILTEC)
Jean-Michel Kalmbach (Université de Jyväskylä, GreC MÉTHODAL)
Emilie Kasazian (Université CY Cergy Paris, GreC MÉTHODAL)
Daniel Luzzati (Université du Mans, LIUM)
Catherine Mendonça Dias (Université Sorbonne nouvelle, DILTEC)
Philippe Monneret (Sorbonne Université, STIH) : président.
Eva Schaeffer-Lacroix (Sorbonne Université, STIH)
Valérie Spaëth (Université Sorbonne nouvelle, DILTEC)
Inès Sfar-Noblat (Sorbonne Université, STIH)
Viviane Youx (Association Française pour l’Enseignement du Français)
Comité d’organisation:
Jean-Claude Beacco (Université Sorbonne nouvelle, GreC)
Anouch Bourmayan (Sorbonne Université, STIH)
Daniel Luzzati (Le Mans Université, L’Information grammaticale)
Inès Sfar-Noblat (Sorbonne Université, STIH)
Viviane Youx (AFEF)
Calendrier:
02 février 2026: publication de l’appel à communication
30 avril 2026: date limite de soumission des propositions
01 juillet 2026: notification des décisions du comité scientifique
5 au 24 juillet 2026: période d’inscription et de confirmation de la
participation



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