37.153, Confs: L'étrangeté en Partage / Sharing Strangeness (France)
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Wed Jan 14 11:05:02 UTC 2026
LINGUIST List: Vol-37-153. Wed Jan 14 2026. ISSN: 1069 - 4875.
Subject: 37.153, Confs: L'étrangeté en Partage / Sharing Strangeness (France)
Moderator: Steven Moran (linguist at linguistlist.org)
Managing Editor: Valeriia Vyshnevetska
Team: Helen Aristar-Dry, Mara Baccaro, Daniel Swanson
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Editor for this issue: Valeriia Vyshnevetska <valeriia at linguistlist.org>
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Date: 12-Jan-2026
From: Aurélie NOMBLOT [aurelie.nomblot at univ-fcomte.fr]
Subject: L'étrangeté en Partage / Sharing Strangeness
L'étrangeté en Partage / Sharing Strangeness
Theme: Journée d’étude sur les langues imaginaires
Date: 12-Jun-2026 - 12-Jun-2026
Location: Besançon, France
Linguistic Field(s): General Linguistics
Submission Deadline: 13-Mar-2026
[English below.]
L'étrangeté en partage
Journée d’étude sur les langues imaginaires
Besançon, 12 juin 2026
Nous sollicitons des propositions pour une journée d’étude consacrée
aux langues imaginaires, ou artlangs (artistic languages), qui se
tiendra à Besançon le 12 juin 2026.
On entend par langue imaginaire une langue inventée à des fins
artistiques et intégrée à une œuvre de fiction (roman, film, série,
bande dessinée, œuvre poétique, jeu vidéo etc.). À ce titre, elle se
distingue des langues construites à vocation principalement
communicationnelle (telles que l’espéranto ou le volapük), conçues
prioritairement pour faciliter les échanges entre locuteurs humains
(Albani & Buonarroti, 2010).
Les langues imaginaires se manifestent de manière très variable dans
les œuvres : elles peuvent apparaître ponctuellement, sous la forme de
quelques mots ou expressions, ou faire l’objet d’un développement
systématique, donnant lieu à un déploiement linguistique étendu au
sein de l’univers fictionnel (Cheyne, 2008). Elles participent alors
pleinement à la construction du monde fictionnel, à la caractérisation
des personnages et à la dynamique narrative (Landragin, 2018).
Si les travaux sur certains aspects de langues imaginaires existent
déjà (Cheyne 2008 ; Landragin 2018 ; Beinhoff 2015), le champ reste
encore émergent et largement ouvert. Cette journée d’étude vise à
examiner les langues imaginaires dans la diversité de leurs usages, de
leurs fonctions et de leurs modalités d’existence, sans se limiter à
une seule approche théorique ou méthodologique. Seront bienvenues
aussi bien des contributions d’analyse (analyse du discours,
sémiotique, sociolinguistique, traductologique, etc.) que des
propositions relevant de la création (retours d'expérience,
méthodologies de conception, contraintes de production), ou de la
réception (communautés, apprentissages, circulations,
réappropriations). Les propositions centrées sur des aspects purement
linguistiques sont les bienvenues, dès lors qu’elles s’inscrivent dans
une réflexion plus large sur la place, le rôle ou les effets de la
langue imaginaire dans l’œuvre, sur les intentions de ses créateurs ou
sur ses conditions de réception par les publics.
Axes de réflexion (indicatifs)
1. Langue imaginaire et altérité
Quel rôle la langue imaginaire occupe-t-elle au sein de l’œuvre,
qu’elle soit littéraire, filmique ou vidéoludique ? Comment
contribue-t-elle à la construction d’un sentiment d’altérité,
d’étrangeté ou de distance culturelle ? Quels liens entretient-elle
avec les représentations de peuples, de communautés ou de personnages
fictionnels, et avec les imaginaires de la différence ?
2. Coexistence entre langue naturelle et langue imaginaire
Dans les œuvres mêlant langue imaginaire et langue naturelle, quels
usages respectifs sont attribués à chacune ? La langue imaginaire
est-elle mobilisée pour marquer certains passages, personnages,
registres discursifs ou situations d'énonciation ? Comment
s’organisent les transitions entre langue imaginaire et langue
naturelle, à l’oral comme à l’écrit ? Quelles stratégies de
justification diégétique ou narrative accompagnent cette coexistence ?
3. Médiations, intelligibilité et discours métalinguistiques
Comment les œuvres maintiennent-elles l’intelligibilité pour le public
sans compromettre la vraisemblance de la situation d’énonciation ?
Quelles formes de traduction, de reformulation ou d’explicitation sont
mises en œuvre (sous-titres, doublage, paraphrases, commentaires
intradiégétiques, glossaires, annexes etc.) ? Qui prend en charge ces
médiations (personnages, instance narrative, dispositifs éditoriaux ou
paratextuels) et quelle expertise linguistique supposent-elles ? Quels
équilibres se dessinent entre opacité linguistique, accessibilité
narrative et réflexion sur le langage (comme, par exemple, dans les
dispositifs métalinguistiques présents chez Jonathan Swift ou Lewis
Carroll) ?
On pourra également interroger les frontières : à partir de quel seuil
(lexique isolé, jeux sur une langue naturelle, système partiellement
stabilisé, langue pleinement développée) peut-on parler de langue
imaginaire ? Des objets hybrides comme le Jabberwocky de Lewis Carroll
relèvent-ils d’une langue distincte, d’une manipulation radicale d’une
langue naturelle (ou d’un entre-deux) et que nous dit cette hésitation
sur nos critères d’intelligibilité, de reconnaissance et de
vraisemblance ?
4. Langues imaginaire et médium artistique
Les contraintes propres aux différents médias (roman, cinéma, série,
jeu vidéo, bande dessinée) influencent-elles les formes prises par la
langue imaginaire ? On pourra par exemple comparer le traitement
linguistique dans le roman La Guerre du feu de J.-H. Rosny aîné, où
les échanges sont rendus en français, et dans son adaptation
cinématographique par Jean-Jacques Annaud, qui recourt à une langue
imaginaire.
5. Création : esthétique, narration, symbolique, éthique
Comment une langue imaginaire est-elle pensée comme forme artistique à
part entière, et non comme un simple marqueur d'altérité exotisante ?
Avec quels objectifs esthétiques, narratifs et symboliques est-elle
élaborée (effets de réel, mise à distance, sacralisation, comique,
violence, prestige, archaïsme, “technicité”, etc.) ? Quelles décisions
formelles (phonétique/phonologie, prosodie, morphologie, lexique,
graphies, contraintes de prononciation et d’incarnation par les
interprètes, dispositifs de dévoilement progressif) orientent la
manière dont la langue fait récit et fabrique du sens ? On pourra
également interroger la dimension éthique de ces choix : assignations
culturelles, stéréotypes, exotisation, emprunts et appropriations,
ainsi que les effets de hiérarchisation entre langues et locuteurs
dans l’univers fictionnel.
6. Réception, appropriation et circulations des langues imaginaires
Comment les langues imaginaires sont-elles perçues, interprétées et
investies par les publics ? Quelles pratiques de réception et
d’appropriation se développent autour d’elles (communautés et fandoms,
apprentissage amateur, performances, jeux de rôle, usages en ligne,
créations dérivées, documentation collaborative) ? Comment ces usages
prolongent-ils l’œuvre, en déplacent-ils les enjeux, ou
transforment-ils le statut de la langue (de simple matériau fictionnel
à ressource partagée, voire à pratique collective) ? On pourra enfin
s’intéresser aux conditions sociales et médiatiques de cette “vie” des
langues imaginaires : plateformes, normes communautaires, circulation
transnationale, légitimations et controverses.
7. Langues imaginaires et Traitement Automatique des Langue (TAL)
Dans quelle mesure les méthodes issues du Traitement Automatique des
Langues (TAL) peuvent-elles éclairer l’étude, la conception ou la
diffusion des langues imaginaires ? Comment les modèles
computationnels participent-ils à la création de systèmes
linguistiques cohérents, ou questionnent-ils les limites de la
plausibilité linguistique ? On pourra également s’intéresser aux
enjeux spécifiques liés à l’utilisation d’outils automatisés dans la
fabrication de langues, ainsi qu’aux circulations entre pratiques
créatives, communautés numériques et technologies du langage.
Bibliographie indicative:
Albani, P., Buonarroti, B. (2010). Dictionnaire des langues
imaginaires. Paris, Les Belles Lettres.
Beinhoff, B. (2015). Why are Alien Languages Inherently Human?
Foundation: The International Review of Science Fiction, 122, 5-19.
Cheyne, R. (2008). Created languages in science fiction. Science
Fiction Studies, 35(3), 386-403.
Comandini, Gloria, & Francesco Dedè (2025). Quenya is Practically a
Main Character Elvish-English Multilingualism in Tolkien-inspired
Fan-Fictions. In: Enguehard, Planchon & Ray, 2025: 123-137.
Enguehard, G., P. Planchon, A. Ray (dirs) (2025). “La créativité
linguistique au prisme des langues construites / Linguistic Creativity
Through the Lens of Constructed Languages”. Numéro spécial de
RiCOGNIZIONI. Rivista di lingue e letterature straniere e culture
moderne, Vol. 12 No. 23.
Landragin, F. (2018). Comment parler à un alien ? Langage et
linguistique dans la science-fiction. Paris, Le Bélial’, coll.
Parallaxe.
Nomblot, A., & Thomas, I. (2025). Technologie et créativité dans
l'invention des langues : Étude sur l'utilisation des outils
automatisés par les idéolinguistes. In: Enguehard, Planchon & Ray,
2025: 33–48. https://doi.org/10.13135/2384-8987/11506
Okrand, Marc (19851; 19922). The Klingon Dictionary. Pocket Books.
Pires, M. (2019). Representations of linguistic simplicity in
prehistoric fiction. In Ch. Laplantine, J. E. Joseph & É. Aussant
(dirs), Simplicité et complexité des langues dans l’histoire des
théories linguistiques. Paris, SHESL (Collection HEL Livres), 153-169.
Pires, M. (2025) Sur l’intelligibilité d’une « langue créée » :
l’alternance de langues dans l’oeuvre de paléofiction Sous le vent du
monde de Pierre Pelot. In: Enguehard, Planchon & Ray, 2025: 33–48:
151-164.
Peterson, D. J. (2015). The art of language invention. New York,
Penguin Books.
Modalités de soumission:
Les propositions de communication sous la forme de résumés (1 page)
rédigées en français ou en anglais, sont à envoyer avant le 13 mars
2026 à aurelie.nomblot at univ-fcomte.fr.
Langues de la journée : français / anglais
Format : communication de 20 min suivis de 10 min de discussion
Modalité : présentiel
Lieu : UFR sciences du langage, de l'homme et de la société, 30/32 rue
Mégevand, 25030 Besançon, France.
Notification des réponses : 10 avril 2026
Date de la journée d'étude: ven. 12 juin 2026
Comité d’organisation:
Nomblot Aurélie (Université de Franche-Comté)
Pires Matthew (Université de Franche-Comté)
Thomas Izabella (Université de Franche-Comté)
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Sharing Strangeness
Study Day on Imaginary Languages
Besançon, 12 June 2026
We invite proposals for a study day devoted to imaginary languages, or
artlangs (artistic languages), to be held in Besançon on 12 June 2026.
An imaginary language is understood here as a language created for
artistic purposes and integrated into a fictional work (novel, film,
TV series, comic book, poetic work, video game, etc.). As such, it
differs from constructed languages primarily designed for
communication (such as Esperanto or Volapük), whose main purpose is to
facilitate exchanges between human speakers (Albani & Buonarroti
2010).
Imaginary languages appear in very diverse ways across works: they may
surface sporadically in the form of a few words or expressions, or be
developed systematically, giving rise to extensive linguistic
elaboration within the fictional universe (Cheyne, 2008). In this
case, they contribute fully to world-building, to characterisation and
to narrative dynamics (Landragin, 2018).
Although studies on certain aspects of imaginary languages already
exist (Cheyne 2008; Landragin 2018; Beinhoff 2015), the field remains
emergent and widely open. This study day aims to examine imaginary
languages in the diversity of their uses, functions and modes of
existence, without restricting itself to a single theoretical or
methodological perspective. We welcome analytical contributions
(discourse analysis, semiotics, sociolinguistics, translation studies,
etc.), proposals relating to creation (practical feedback, design
methodologies, production constraints), or reception (communities,
learning practices, circulation, reappropriations). Proposals focusing
on strictly linguistic aspects are equally welcome, provided they form
part of a broader reflection on the place, role or effects of the
imaginary language within the work, on the intentions of its creators,
or on its conditions of reception by audiences.
Suggested areas of inquiry:
1. Imaginary language and alterity
What role does the imaginary language play within the work, literary,
cinematic or videogame? How does it contribute to constructing a sense
of otherness, strangeness or cultural distance? What relationships
does it establish with representations of fictional peoples,
communities or characters, and with imaginaries of difference?
2. Coexistence between natural language and imaginary language
In works combining imaginary and natural languages, what functions are
assigned to each? Is the imaginary language mobilised to mark certain
passages, characters, discourse registers or enunciative situations?
How are transitions organised between imaginary and natural language,
in spoken or written form? What forms of narrative or diegetic
justification support this coexistence?
3. Mediations, intelligibility and metalinguistic discourse
How do works maintain intelligibility for audiences without
compromising the plausibility of the enunciation situation? What forms
of translation, reformulation or explication are implemented
(subtitles, dubbing, paraphrase, intradiegetic commentary, glossaries,
appendices, etc.)? Who undertakes these mediations, characters,
narratorial instance, editorial or paratextual apparatus, and what
level of linguistic expertise do they presume? What balance is drawn
between linguistic opacity, narrative accessibility and reflexivity on
language (as in the metalinguistic devices found in Jonathan Swift or
Lewis Carroll)?
Border zones may also be examined: at what threshold (isolated
lexicon, playful manipulation of a natural language, partially
stabilised system, fully developed language) can we speak of an
imaginary language? Do hybrid objects such as Lewis Carroll’s
Jabberwocky constitute a distinct language, a radical manipulation of
a natural language, or an in-between, and what does this ambiguity
tell us about our criteria for intelligibility, recognition and
plausibility?
4. Imaginary languages and artistic media
Do the constraints specific to different media (novel, cinema, TV
series, video game, comic book) shape the forms taken by imaginary
languages? One might, for example, compare linguistic treatment in
J.-H. Rosny aîné’s novel La Guerre du feu, where exchanges appear in
French, with Jean-Jacques Annaud’s film adaptation, which employs an
imaginary language.
5. Creation: aesthetics, narrative, symbolism, ethics
How is an imaginary language conceived as an artistic form in its own
right rather than as a mere marker of exoticised alterity? With what
aesthetic, narrative and symbolic purposes is it developed (effects of
reality, distancing, sacralisation, humour, violence, prestige,
archaism, “technicality”, etc.)? What formal decisions
(phonetics/phonology, prosody, morphology, lexicon, scripts,
pronunciation constraints and performability by actors, modes of
progressive disclosure) guide the way language produces narrative and
meaning?
Ethical dimensions may also be considered: cultural assignment,
stereotyping, exoticisation, borrowing and appropriation, as well as
hierarchies between languages and speakers within the fictional
universe.
6. Reception, appropriation and circulation of imaginary languages
How are imaginary languages perceived, interpreted and engaged with by
audiences? What practices emerge around them (communities and fandoms,
amateur learning, performances, role-playing, online usage, derivative
creations, collaborative documentation)? How do such practices extend
the fictional work, shift its stakes or transform the status of the
language (from simple fictional material to shared resource, or even
to collective practice)? Finally, what social and media conditions
shape this “life” of imaginary languages, platforms, community norms,
transnational circulation, legitimisation and controversy?
7. Imaginary Languages and Natural Language Processing (NLP)
To what extent can methods from Natural Language Processing (NLP)
contribute to the study, design, or dissemination of imaginary
languages? How do computational models help to create coherent
linguistic systems, or challenge the boundaries of linguistic
plausibility? Attention may also be given to issues specific to the
use of automated tools in language creation, as well as to the flows
between creative practices, digital communities, and language
technologies.
Submission Guidelines:
Proposals for 20-minute papers, in the form of one-page abstracts
written in French or English, should be sent by 13 March 2026 to
aurelie.nomblot at univ-fcomte.fr.
Languages of the event: French / English
Format: 20-minute papers followed by 10 minutes of discussion
Mode: in-person
Venue: UFR Sciences du Langage, de l’Homme et de la Société, 30/32 rue
Mégevand, 25030 Besançon, France.
Notification of acceptance: 10 April 2026
Study day: Fri. 12 June 2026
Organising Committee:
Nomblot Aurélie (Université de Franche-Comté)
Pires Matthew (Université de Franche-Comté)
Thomas Izabella (Université de Franche-Comté)
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