37.1883, Confs: IIe Journée d'études médiévales de Sofia (Bulgaria)
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Mon May 25 15:05:02 UTC 2026
LINGUIST List: Vol-37-1883. Mon May 25 2026. ISSN: 1069 - 4875.
Subject: 37.1883, Confs: IIe Journée d'études médiévales de Sofia (Bulgaria)
Moderator: Steven Moran (linguist at linguistlist.org)
Managing Editor: Valeriia Vyshnevetska
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Date: 25-May-2026
From: Malinka Velinova [m.velinova at uni-sofia.bg]
Subject: IIe Journée d'études médiévales de Sofia
IIe Journée d'études médiévales de Sofia
Short Title: JEMS
Theme: Réticences médiévales
Date: 17-Nov-2026 - 18-Nov-2026
Location: Sofia, Bulgaria
Contact: Malinka Velinova
Contact Email: m.velinova at uni-sofia.bg
Meeting URL:
https://sites.google.com/view/jemsofia/jems-2026?authuser=0
Linguistic Field(s): Discourse Analysis; Historical Linguistics; Ling
& Literature; Pragmatics; Sociolinguistics
Language Family(ies): Romance
Submission Deadline: 31-Jul-2026
Appel à communications
À la mémoire de Bernard Dupriez
(1933-2025)
Cette deuxième édition de nos journées, qui aura lieu le 17 novembre
2026 et qui sera consacrée au thème de la réticence, se veut le
prolongement et l’approfondissement en études médiévales, françaises
et romanes, du colloque pour jeunes chercheurs « The unspoken and
silence in language and literature », qui s’est tenu en novembre 2025
à l’Université de Sofia. Or notre journée s’adresse aussi bien aux
jeunes chercheurs (étudiants, doctorants et jeunes docteurs) qu’aux
chercheurs confirmés.
La réticence, et plus généralement le silence, est un sujet qui ne
cesse d’inspirer des recherches, plus ou moins pointues, ces quelques
dernières décennies. Certaines études, parmi les plus récentes,
explorent plus précisément le domaine de l’art, qu’il s’agisse de
celui du Moyen Âge (Debiais 2019), de celui de la Renaissance (Mounier
2025), ou bien encore de l’art contemporain visuel (Boutang et Pavec
2016). Il est aussi bien des ouvrages à visée plutôt théorique, que ce
soit sous l’angle de la rhétorique (Glenn 2004) ou de l’anthropologie
et des pratiques religieuses (Sbardella 2015), que des travaux que
l’on pourrait qualifier d’études de cas, en particulier littéraires,
que ce soit dans une perspective comparée ou pas (Louvel et Rannoux
2004 ; Boué 2009 ; la revue roumaine Language and Literature. European
Landmarks of Identity 26-27/2020). L’Histoire du silence, de la
Renaissance à nos jours d’Alain Corbin, parue en 2016, a fait date, en
particulier par son florilège de citations littéraires et d’exemples
en art illustrant et éclairant les conceptions du silence et de la
sensibilité à travers les siècles. Non moins influent mais de nature
toute différente est l’ouvrage collectif transséculaire La parole
empêchée (James-Raoul, Forero Mendoza, Kuon et Magne 2017), qui réunit
des études dans des domaines fort variés, s’intéressant toutes à la
rhétorique et aux différentes valeurs du silence, et parmi lesquelles
nous n’évoquerons ici que celle de James-Raoul, s’inspirant de sa
thèse de doctorat, publiée en 1997 et ayant imposé la notion dans les
études littéraires. Enfin, tout récemment, en janvier 2026, a paru un
numéro thématique de la revue pluridisciplinaire Questes consacré au
thème du silence au cours de la seule époque médiévale.
Nous nous proposons, pour notre part, de réunir des recherches ayant
pour objet des faits, des phénomènes et des processus autour de la
notion de réticence, dans toutes les acceptions du terme (d’où le
pluriel dans l’intitulé), qui ont eu lieu au cours de la période du
Moyen Âge dans l’espace gallo-roman en particulier, mais aussi, le cas
échéant, dans toute l’aire romane, aussi bien en ce qui concerne la
langue et les lettres que l’art, la culture, la philosophie et
l’histoire. Plusieurs axes disciplinaires et thématiques en sciences
humaines pourront être envisagés, dont les suivants, que nous
privilégions sans pour autant exclure d’autres :
- La réticence, au sens restreint du terme, comme figure de
rhétorique au Moyen Âge
Emprunt savant (lat. reticentia, de reticere, taire, de re, et
tacere), attesté dans le Dictionarium Latinogallicum de Robert
Estienne (1552) , d’après le Dictionnaire de l’Académie de 1694, le
mot « réticence » ne s’emploie pas en français au Moyen Âge, et les
synonymes nominaux les plus proches que l’on trouve dans les textes en
langue vernaculaire sont « silence », « taisance », « taciturnité »
(ce dernier étant un emprunt savant plus que rare, avec ses 2
occurrences dans la BFM ; les deux premiers n’étant pas très usités
non plus). En tant que procédé rhétorique, le phénomène est défini par
Fontanier, en 1821, de la manière suivante : « La Réticence consiste à
s’interrompre et à s’arrêter tout à coup dans le cours d’une phrase,
pour faire entendre par le peu qu’on a dit, et avec le secours des
circonstances, ce qu’on affecte de supprimer, et même souvent beaucoup
au delà » (1968 : 116). Bernard Dupriez (1984 : 336) retiendra de
cette définition le caractère volontaire de l’interruption de la
phrase pour qualifier la réticence, de façon plus ou moins générale,
de « pause expressive ».
Nous chercherons à définir et à répertorier les manifestations du
phénomène de la réticence en tant que procédé de style dans les œuvres
médiévales, que ce soit en complément ou bien en opposition à celles
de toutes les autres figures microstructurales qui y sont apparentées,
notamment l’aposiopèse et la prétérition en particulier, mais aussi
l’interruption, le chiasme, l’ellipse, le zeugme, etc. (Dupriez 1984 ;
Mazaleyrat et Molinié 1989 ; Molinié 1993). Les questions auxquelles
nous aimerions répondre plus exactement à la suite de notre journée
sont les suivantes :
- il a déjà bien été montré par Christine Silvi que, dans les
textes didactiques en langue vulgaire, « la rétention de parole, qui
se veut l’expression d’un savoir réservé à certains, à plus tard ou à
jamais, donne en fait tout pouvoir au clerc sur le langage et au
maître sur l’élève » (Silvi 2011 : 154) ; dans quels autres genres et
types de textes médiévaux trouve-t-on la figure si l’on se réfère à
ses définitions et occurrences dans la littérature de l’Antiquité
gréco-romaine (cf. Arbusow 1948, Lausberg 1949, Duteil-Mougel 2005) ?
- qu’est-ce qu’elle y exprime plus précisément, en comparaison
avec les autres figures rhétoriques où se manifeste en quelque sorte
le silence ?
- pourrait-on y appliquer des caractéristiques qui ne sont
valables que dans le contexte des œuvres du Moyen Âge, vu leur
spécificité syntaxique, stylistique, narrative (Zumthor 1953, 1971) ?
- quel rôle pragmatique et énonciatif peut y avoir, le cas
échéant, la ponctuation des manuscrits (Llamas Pombo 2016) ?
- pourrait-on, enfin, contribuer ainsi à l’étude stylistique des
textes médiévaux, qui prend de l’essor ces dernières années
(James-Raoul 2022 ; Denoyelle et Sorba 2025) ?
- La réticence du point de vue strictement linguistique
Du point de vue linguistique et énonciatif, nous considérons la
réticence en tant que synonyme, plus ou moins pertinent, plus ou moins
précis, de l’implicite, du sous-entendu (de l’insinuation, de
l’allusion), du présupposé, du non-dit ou de l’omission. Ainsi, nous
pourrions vérifier dans quelle mesure l’application des définitions et
typologies proposées, commentées (Ducrot 1969, 1972, 1987 ;
Kerbrat-Orecchioni 1982, 1986) et amplifiées (Simonin 2013) pourrait
s’avérer possible et efficace pour les étapes anciennes de la langue
afin de dresser, le cas échéant, un tableau affiné des occurrences
dans le corpus médiéval, en fonction de notre compréhension,
nécessairement partielle, des textes et des œuvres, ainsi que de tout
leur contexte extralinguistique.
Aussi, dans une perspective sémantique et textuelle, des études sur
les chaînes de référence en termes de jeu sur la (dis)continuité,
comme dans les récits fabliesques (Pešek 2023, 2026), où l’on voit
apparaître une certaine ambiguïté recherchée, trouveront bien leur
place parmi les interventions à la journée d’études. La réticence à
poursuivre le cours normal, conséquent, continu, logique de la chaîne
de référence serait alors à envisager comme un procédé linguistique et
narratif à part entière.
Enfin, suivant Marianne Lederer (2003), on pourrait prendre en
considération le rôle du point de vue linguistique et discursif de
l’implicite et du non-dit dans les textes médiévaux en vue de leurs
traductions, qu’elles soient réalisées au Moyen Âge ou au cours d’une
époque postérieure.
- La réticence, au sens plus large du terme, comme attitude envers le
monde, la vie, l’œuvre et le texte
En littérature française médiévale, les procédés de mise en avant des
manifestations du silence et de la réticence peuvent être observés,
comme le montrent quelques études récentes, aussi bien dans le
comportement et le discours des personnages (Velinova 2025a, 2025b)
que dans le discours du narrateur (Horváthy 2026).
En ce qui concerne le personnage des œuvres médiévales, on pourrait
bien considérér comme une sorte de réticence face aux autres
personnages l’expression de sa pensée lorsqu’elle est présentée comme
tue, non prononcée, ou qu’elle est tout simplement cachée, étant
proférée entre les dents ou à voix plus ou moins basse. Il peut s’y
agir de la réticence du personnage à exprimer ses émotions et/ou ses
pensées pour éviter le conflit immédiat (ce qui conduit au retardement
de la narration et du développement du sujet), ou au contraire pour
l’accélérer.
Quant au narrateur, il use souvent de formules telles que par exemple
Que diroie ? ou Que vous diroie je ? (« Que dire (de plus) ? »), qui,
déguisées en questions rhétoriques, mettent fin aux descriptions
longues et détaillées pour les résumer ou bien les remplacent tout
simplement (Velinova 2011), comme dans l’exemple suivant :
Ço est la fin de la parole :
ke vus en dirreie jo el ?
Sa vie esteit espirituel. (La Vie de saint Gilles, Guillaume de
Berneville, v. 80-82, éd. F. Laurent, Paris, Honoré Champion, 2003)
S’agirait-il, en l’occurrence, d’une certaine réticence chez le
narrateur à être trop long pour ne pas ennuyer le public ? Aussi
pourrions-nous nous interroger sur les différents procédés usant de la
réticence du point de vue narratologique et stylistique.
Dans d’autres cas, on peut observer une réticence, voire une véritable
taciturnité, qui s’empare, à un autre niveau, beaucoup plus important,
du sujet. Cette attitude est révélée, par exemple, par le nom même du
personnage principal du Roman de Silence, ou dans le mode de vie
choisi par saint Alexis d’après sa vie en ancien français du XIe
siècle (Bibbee 2003). Dans le premier cas, il s’agit d’un silence
ayant trait à l’identité sexuelle du personnage, le roman apparaissant
comme une « allégorie complexe de la parole empêchée » (James-Raoul
2015), tandis que dans le second, on se trouve face à un silence à
fondement religieux, notamment la pratique chrétienne du silence ; or,
dans les deux cas, tout comme que dans le Conte du Graal de Chrétien
de Troyes, il s’agit avant tout d’une charge ontologique du silence et
de la réticence (Bibbee 2003).
La réticence peut être envisagée aussi comme l’envers de la
volubilité, qui essaye de tout dire sans pour autant y parvenir
toujours, alors que la première apparaît, le cas échéant, par
contraste, comme le procédé de loin plus éloquent et plus signifiant
et qui complète et/ou met en valeur ce qui est exprimé par la parole.
Sur une échelle plus globale, nous pourrions nous interroger sur les
thèmes et les problèmes dans les textes au sujet desquels l’homme
médiéval se montre réticent, que ce soit en sa qualité d’auteur ou de
narrateur ou encore de personnage (dans la mesure où ces trois
instances se différencient, ce qui mériterait également par ailleurs
d’être pris en considération).
Enfin, toute tentative d’établir une image anthropologique tant soit
peu complète de la réticence et du silence médiévaux, à l’instar par
exemple de celle de Le Breton (1997) pour la fin du XXe siècle, en
fonction de l’attitude de l’homme à l’égard de tout ce qui l’entoure,
serait la bienvenue. La référence incontournable, en l’occurrence,
sera le livre de Vincent Debiais Le silence dans l’art médiéval (2019)
; or nous aimerions élargir, autant que possible, le champ de
recherche au-delà du domaine de l’art, en étudiant par exemple, parmi
tant d’autres, tous les aspects de la réticence, voire de l’hostilité,
de l’Église à l’argent au cours des différentes étapes de la période
médiévale (Le Goff 2018).
Bibliographie
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dissertation, Louisiana State University,
https://repository.lsu.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=4767&context=gradschool_dissertations.
Bologne, Jean Claude (2023). « Du silence au non-dit. Pièges et
richesses de l’implicite ». Communication à la Séance mensuelle du 14
octobre 2023, Académie royale de langue et de littérature françaises
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https://www.arllfb.be/ebibliotheque/communications/bologne14102023.pdf.
Boué, Rachel (2009). L’Éloquence du silence. Celan, Sarraute, Duras,
Quignard… Paris, L’Harmattan.
Boutang, Adrienne, et Nathalie Pavec (dir.) (2016). Le silence dans
les arts visuels. Paris, Michel Houdiard Éditeur.
Corbin, Alain (2016). Histoire du silence. De la Renaissance à nos
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Cerf.
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Velinova, Malinka (2025b). « Le monologue intérieur dans les œuvres
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Silence, Questes [En ligne] 51/2026, mis en ligne le 1 janvier 2026,
consulté le 4 avril 2026,
https://journals.openedition.org/questes/7353.
Modalités de soumission des propositions de communication :
Les propositions de communication, contenant un titre, un résumé de
400 mots et une brève bibliographie (5-10 références), sont à envoyer
avant le 31 juillet 2026 à l’adresse de l’organisatrice :
m.velinova at uni-sofia.bg. Le résumé doit indiquer clairement la
problématique traitée et les objectifs visés, l’approche théorique et
la méthodologie adoptées, les hypothèses de travail et/ou les
conclusions et les résultats attendus.
L’auteur indiquera son affiliation et son statut dans le corps du
message et joindra, dans un fichier à part, une notice
biobibliographique (100-200 mots).
Les communications auront une durée de 20 minutes et seront suivies de
10 minutes de discussion.
La langue de la journée d’études est le français. Seront acceptées, à
titre d’exception, des communications présentées en italien ou en
espagnol.
Publication des communications :
Les articles rédigés à la base des communications présentées à la
journée d’études seront publiés, après évaluation par le comité
scientifique, dans un numéro thématique de revue ou dans un volume
d’actes.
Frais d’inscription :
Tarif plein (enseignants-chercheurs) : 50 euros
Tarif réduit (doctorants) : 30 euros
Les étudiants seront dispensés de frais d'inscription.
Les frais couvriront les pauses café, le déjeuner, l'impression des
programmes et livrets.
Calendrier :
Date limite de soumission des propositions : le 31 juillet 2026
Réponse du comité scientifique : le 31 août 2026
Programme : le 1er octobre 2026
Inscription : le 15 octobre 2026
Journée d’études : le 17 novembre 2026
Conférencier invité :
Ondřej Pešek (Professeur, PhDr., Institut d’études romanes,
Université de Bohême du Sud, České Budĕjovice)
Comité scientifique :
Alvise Andreose (Professore associato, Filologia e linguistica
romanza, Università degli Studi di Udine)
Alessandro Benucci (MCF, Département d’Italien, Université Paris
Nanterre)
Claude Buridant (Professeur émérite, LiLPA, Université de Strasbourg)
Daniéla Capin (MCF, HDR, LiLPA, Université de Strasbourg)
Vincent Debiais (Directeur de recherche, CNRS, EHESS, Centre de
recherches historiques AHLoMA, Paris)
Vessela Guenova (Professeure, D.Sc., Département d’Études romanes,
Université de Sofia)
Danièle James-Raoul (Professeure émérite, Plurielles : Langues,
Littératures, Civilisations, Université Bordeaux Montaigne)
Elena Llamas Pombo (Profesora titular, Departamento de Filología
Francesa & IEMYRhd, Universidad de Salamanca)
Olivier Soutet (Professeur émérite, STIH, Sorbonne Université, membre
de l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres)
Organisatrice :
Malinka Velinova (MCF, Département d’Études romanes, Université de
Sofia)
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