37.3362, Calls: Ethnographiques.org - "Special Issie: Pratiques ethnographiques, pratiques langagières - n°55" (Jrnl)
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Fri Oct 16 11:05:02 UTC 2026
LINGUIST List: Vol-37-3362. Fri Oct 16 2026. ISSN: 1069 - 4875.
Subject: 37.3362, Calls: Ethnographiques.org - "Special Issie: Pratiques ethnographiques, pratiques langagières - n°55" (Jrnl)
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Managing Editor: Valeriia Vyshnevetska
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Editor for this issue: Valeriia Vyshnevetska <valeriia at linguistlist.org>
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Date: 16-Oct-2026
From: Roxanne Comotti [roxanne.comotti at univ-grenoble-alpes.fr]
Subject: Ethnographiques.org - "Special Issue: Pratiques ethnographiques, pratiques langagières - n°55" (Jrnl)
Journal: Ethnographiques.org
Issue: Pratiques ethnographiques, pratiques langagières - n°55
Call Deadline: 08-Jan-2027
Coordination : Grégoire Andréo, Université d’Helsinki, Roxanne
Comotti, Kone Foundation, Université Grenoble Alpes, University of
Helsinki, Anaïs Leblon, Université Paris 8, LAVUE-Alter et Paul
Sorrentino, École des hautes études en sciences sociales, CASE
En quoi l’ethnographie et les savoirs qu’elle produit sont-ils
façonnés par le fait qu’elle est une méthode d’enquête fondée, entre
autres, sur les pratiques langagières ? Quelles sont les relations
entre les pratiques langagières et la pratique ethnographique ? Où
qu’on choisisse de situer les origines épistémologiques et
méthodologiques de l’ethnographie, le langage y apparait d’emblée
comme occupant intrinsèquement deux positions : celles d’outil et
d’objet, véhicule pour l’étude de la société autant qu’élément de
celle-ci (Malinowski 1935 ; Degerando 1800). Dans les termes du
sociolinguiste Jan Blommaert, l’ethnographie aborde le langage à la
fois comme un contexte, « une architecture pour le comportement social
», et une ressource partagée par l’ensemble des acteurs sociaux,
ethnographes compris (2010 : 9, voir aussi Agar 1980). Langage comme
objet ethnographique, langage comme outil des ethnographes, ce numéro
thématique vise à explorer de manière explicite les différentes
dimensions de cette double relation entre ethnographie et pratiques
langagières, en faisant dialoguer toutes les sciences sociales
mobilisant les méthodes ethnographiques.
Les questions relatives aux pratiques langagières – entendu ici comme
l’activité des locuteur·ices distincte de l’activité du ou de la
linguiste qui travaille sur les langues (Boutet 2021) – façonnent donc
les pratiques d’enquête, que celles-ci portent ou non sur le fait
langagier, traversant ainsi les courants académiques et les découpages
institutionnels (Bourdieu 1977 ; Lahire 2009). Quels que soient leur
formation disciplinaire et leur objet d’étude, les ethnographes mènent
des entretiens, relatent des conversations informelles, traduisent et
analysent des textes de toutes sortes. Iels repèrent des registres de
langue, tiennent des carnets de vocabulaire, cartographient des
situations de plurilinguisme, tentent de saisir les blagues et les
doubles sens, et peinent parfois à se faire comprendre ou à prendre en
note ce qu’on leur dit.
Pourtant, la maitrise des langues propres aux terrains d’enquête, un
des fondements de la démarche ethnographique, voit ses modalités
concrètes, ses limites et ses enjeux rarement commentés, à tel point
qu’elle a pu être décrite comme contribuant à une « mystique du
terrain » passant sous silence le recours à des interprètes ou à des
langues véhiculaires (Borchgrevink 2003). Dans un débat constituant un
rare moment d’explicitation, Margaret Mead (1939) et Robert Lowie
(1940) s’étaient demandé dans quelle mesure et à quelles fins les
ethnographes devaient étudier – dans les deux sens du terme – les
langues de leurs interlocuteur·rices. Du côté des sciences du langage,
la pertinence des approches ethnographiques pour étudier les langues
et les pratiques langagières fait encore débat. Ces approches sont
notamment mobilisées par la sociolinguistique, entendue comme étude
des relations entre pratiques langagières et faits sociaux. Celles-ci
sont alors appréhendées en tant que phénomène agissant et situé devant
être analysé « en fonction de ses conditions d’apparition, d’existence
et d’évolution » (Abou Haidar 2024 : 178).
Nous proposons d’ouvrir la réflexion à tous ceux et toutes celles qui
– à différents moments de leur pratique ethnographique – s’interrogent
sur leurs pratiques langagières et celles des enquêté·es.
Tou·tes les pratiquant·es de l’ethnographie en sciences sociales et en
sciences du langage peuvent ainsi proposer des contributions fondées
sur des expériences de première main et des études de cas. Elles
pourront se structurer autour de trois axes thématiques qui se
veulent, avant tout, des points de départ à la réflexion et aucunement
des bornes limitantes, et ne doivent pas être forcément envisagés
comme des rubriques séparées.
Épistémologie / Positionnalités langagières
Les relations entre modalités émiques et étiques de production du sens
sont souvent complexes et varient selon les conditions d’enquête et
les situations sociales étudiées (Pike 1954 ; Olivier de Sardan 1998),
notamment dans les situations (post-)coloniales ou marquées par une
distinction entre langue populaire et langue savante. Les relations
inégales entre langues ou registres de langue, dont l’enquête peut
elle-même participer (Asad 1986), ont-elles des effets sur nos
opérations de description, d’interprétation, mais aussi de restitution
et d’enseignement ? Quelle est l’influence de la ou des langues de
l’ethnographe sur les cadres de l’analyse, notamment dans les
perspectives critiques, féministes, queer et/ou encore écologiques
(Haraway 1989) ? Quelle place donnons-nous, dans différents contextes
disciplinaires et pédagogiques, à ces questions dans la formation des
étudiant·es à la pratique ethnographique ? Dans la lignée des
réflexions comme celles de Cécile Vigouroux (2007) ou Lorenza Mondada
(2000), les implications éthiques et politiques des normes de
représentation de la parole (par exemple la norme orthographique),
souvent calquées sur des normes langagières dominantes, pourront être
interrogées.
Collaboration / Circulation et opérations de traductions
À l’articulation des questions épistémologiques et éthiques
précédemment soulevées, ce numéro souhaite également interroger les
formes de collaboration aux diverses étapes de la recherche. Nous
invitons à des récits et réflexions sur la collaboration avec les
acteur·ices extérieur·es, notamment celles et ceux auprès de qui les
ethnographes conduisent leurs recherches, et pour qui la
reconnaissance symbolique produite par le discours scientifique peut
se révéler essentielle voire critique (Glory 2019) ainsi que sur les
aspects langagiers de la restitution.
On s’intéressera donc particulièrement aux opérations de traduction et
d’entextualisation qui permettent de passer du point de vue de nos
interlocuteur·trices à celui d’un·e chercheur·euse. Les processus de
traduction intervenant à tous les moments qui précèdent, les revues de
littérature, l’entrée sur le terrain ou encore le recueil et la mise
en forme du matériel ethnographique pourront aussi être analysés. Qui
sont les personnes impliquées dans un tel processus ? Qu’en est-il par
exemple du recours aux technologies de traduction automatisées sur le
terrain, une question qu’il semble essentiel d’évoquer pour ne pas en
faire une nouvelle « mystique du terrain » ? La revendication de
l’automatisation des opérations de traduction linguistique par un
éditeur de « théorie ethnographique » (HAU Books 2026), par exemple,
invite à interroger ces processus et leur impact langagier au cours de
la réalisation de nos enquêtes, au moment de la publication et de la
restitution.
En écho avec la réflexion sur la traduction, on pourra s’interroger
sur l’interprétariat comme objet, par exemple dans l’ethnographie des
procédures de demande d’asile (Pian 2020 ; Määttä 2025), autant que
sur le recours à l’interprétariat sur le terrain (Delgado Luchner &
Droz 2021). On pourra aussi évoquer sous cet axe les aspects
langagiers du « soi ethnographique » décrit par Coffey (1999), ou
encore discuter la gestion des répertoires langagiers dans la
présentation de soi lors des enquêtes immersives (Jounin 2009).
Écriture / Poétique de l’ethnographie
Il a été abondamment souligné que l’ethnographie est un genre
d’écriture singulier, marqué notamment par son rapport au réel, des
enjeux de traduction associés à la mobilisation de voix multiples et à
la nécessité de circuler entre des systèmes de sens distincts
(Clifford & Marcus 1986 ; Geertz 1988). Dans la tradition de la revue,
dont le format multimédia invite à expérimenter des formes nouvelles
de restitution, ce numéro propose aux contributeur·rices d’explorer
les multiples possibilités de mise en récit de l’expérience
ethnographique : les récits multilingues, collaboratifs,
multisupports…
Ainsi, cette thématique peut donner l’occasion d’interroger les
stratégies mises en place par les chercheurs et les chercheuses pour
contourner, déplacer les outils techniques, tels que l’enregistrement
sonore, la photographie, le dessin, la vidéo, qui servent à saisir les
pratiques langagières. Par exemple, dans le cadre des écritures
sonores telles que le format podcast, quelles démarches et techniques
peuvent être mises en œuvre pour faire entendre les langues du terrain
? Peut-on allier l’écriture non académique avec les attentes
institutionnelles ? Plus largement, comment penser, au sein de nos
professions et avec les enquêté·es, la notation, le stockage des
données langagières (transcriptions, enregistrements…), et les usages
de ces différentes formes de documentation ?
Le recours à des techniques langagières venues d’autres champs comme
la poétique (Hymes 2003 ; Kusserow 2008 ; Llangco 2019) pourra
également être questionné, ainsi que les manières dont les écritures
ethnographiques transcrivent les discours en lien avec le non-verbal
(émotions, contexte, etc.). Comment travailler, aussi, la polyphonie
du récit ethnographique pour faire coexister de manière responsable et
juste la place du soi dans l’écriture ainsi que les voix autres,
parfois minorées, en tenant compte de leurs aspects langagiers propres
?
Calendrier:
Les propositions de contributions (résumé d’une page accompagné d’une
bibliographie indicative et d’une biographie sommaire) sont attendues
au plus tard pour le 08 janvier 2027.
Elles doivent être envoyées, avec la mention « Ethnographiques no 55 »
comme objet du message, aux 5 destinataires suivants :
gregoire.andreo at helsinki.fi, roxanne.comotti at univ-grenoble-alpes.fr,
paul.sorrentino at ehess.fr, anais.leblon at unvi-paris8.fr et
redaction at ethnographiques.org
Une première sélection sera effectuée sur la base de ces propositions.
Une réponse sera donnée au plus tard le 19 février 2027
Les articles devront être remis pour le 20 août 2027. Ils seront relus
par le comité de rédaction et par des évaluateurs externes. Les
auteurs sont priés de suivre les consignes (note aux auteurs)
accessibles sur la page
http://www.ethnographiques.org/Note-aux-auteurs.
La version définitive devra être remise le 02 juin 2028 pour une
publication dans le numéro 55, prévue en décembre 2028.
Le détail de l’appel à contribution se trouve sur le site de la revue
Ethnographiques.org :
https://www.ethnographiques.org/2026/pratiques-ethnographiques-pratiques-langagieres
Linguistic Field(s): Not Applicable
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